Métal hurlant (film)

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Métal hurlant

Titre original Heavy Metal
Réalisation Gerald Potterton
Scénario Daniel Goldberg (en)
Len Blum
Corny Cole
Richard Corben
Juan Giménez
Angus McKie
Bernie Wrightson
Musique Elmer Bernstein
Sociétés de production Columbia Pictures
Pays de production Drapeau du Canada Canada
Genre film d'animation
Durée 90 minutes
Sortie 1981

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Métal hurlant (Heavy Metal) est un film d'animation canadien pour adultes de Gerald Potterton, produit par Ivan Reitman[1]. Ce long métrage structuré en plusieurs segments narratifs est généralement assimilé au genre de la science-fiction. L’une de ses particularités réside toutefois dans ses sources d’inspiration qui renvoient à différents genres dont l’anticipation, l’heroic fantasy, le film noir, ou encore l’épouvante. Le récit est également empreint d’un humour psychédélique prenant sa source dans certains courants artistiques des années 70 assimilés à ce qui a pu être qualifié de contre-culture.

Le film se veut la transposition au grand écran des styles de dessins et de scénarios promus par la revue française de bande dessinée Métal hurlant dirigée par Jean Jean-Pierre Dionnet dans les années 70 et 80. Cette dernière, véritable laboratoire d'innovations graphiques et narratives, qui amorça le développement de la bande dessinée pour adultes, commence à se diffuser outre Atlantique. En 1977, Léonard Mogel, déjà propriétaire du magazine humoristique américain National Lampoon, en rachète les droits de publication aux Etats Unis et développe une version américaine de la revue sous le nom d'Heavy Metal. Porté par le succès de cette publication, Mogel se met à chercher des financements pour produire un film qui s’en inspirerait directement. Le projet voit le jour grâce à l'aide du canadien Ivan Reitman qui en devient le producteur officiel. La première du long métrage d'animation dont le titre original est « Heavy Metal » a lieu aux Etats Unis le 29 juillet 1981[2].

Synopsis

Le film est composé de chroniques et se caractérise à cet effet par une organisation du récit en huit segments narratifs distincts. Chaque segment propose une histoire à part dans un genre particulier.  Un fil conducteur relie toutes ces histoires : le Loc-Nar, une sphère verte venue de l'espace qui sème la destruction dans toute la galaxie. Elle symbolise le mal absolu ; cette boule douée de parole corrompt en effet tous les personnages du film et fait la liaison entre les différents récits.

Soft Landing

La séquence d'ouverture de Métal hurlant adapte sur fond de générique, une BD de quatre pages de Dan O'Bannon (l'un des scénaristes d'Alien). On y voit une navette de la Nasa larguer dans l'espace, une Corvette et son conducteur, qui entrent dans l'atmosphère.

Grimaldi

Dans la suite de Soft Landing, l'astronaute débarqué de la Corvette, rapporte à sa fille sa dernière découverte : une boule verte fluorescente. Mais en la touchant, l’homme fond littéralement, et la boule s’élève, s’avérant être le Loc-Nar, un artefact maléfique qui se nourrit du malheur des hommes, des guerres et de la mort. Ayant la faculté de parole, il menace l'enfant et la contraint à l'entendre lui raconter une série de chroniques dans lesquelles son rôle a été prépondérant.

Harry Canyon

C’est la première chronique du récit du Loc-Nar. Elle, se déroule dans un New York post-apocalyptique et a pour héros un chauffeur de taxi cynique et grincheux qui recueille dans son tacot une jeune femme en péril. Il s'avère qu'elle est détentrice du Loc-Nar et traquée par des extraterrestres qui veulent le lui reprendre.

Den

Il s’agit de l’adaptation d’une célèbre bande dessinée de Richard Corben. Un jeune lycéen maigrichon, binoclard et boutonneux se retrouve propulsé sur une autre planète et se transforme en guerrier musculeux et intrépide. Il vit une aventure où il est amené à rencontrer des personnages étranges dont deux femmes qu'il séduit.

Captain Sternn

Cette séquence adapte une histoire de Berni Wrightson, le co-créateur de la bande dessinée Swamp Thing. On assiste au procès du capitaine Sternn, un personnage qui a un physique de super héros, mais qui collectionne tous les vices humainement possibles. Pour se disculper, il essaye de manipuler un témoin, mais sous l'influence du Loc-Nar ce dernier se transforme en un monstre qui se met à poursuivre Sternn.

B-17

Le scénario est une nouvelle fois tiré d’une histoire de Dan O’ Bannon. Les membres d'équipage décédés d’un avion de guerre qui revient d'une mission se transforment en zombies sous l’effet du Loc-Nar.. ils s'en prennent aux survivants.

So beautiful and so dangerous

Peut-être le moment le plus humoristique du film qui narre l’expédition sur terre d’extra-terrestres consommateurs de cocaïne. Ils enlèvent deux humains, dont une secrétaire très séduisante et pleine de ressources.

Taarna

C’est la dernière chronique du Loc-Nar . On y suit l’aventure d’une guerrière muette aux cheveux platines et à la détermination de fer. Dernière de sa lignée, elle se lance dans une quête vengeresse. La scène du bain de Taarna et de son habillement pour aller au combat fera date et restera comme une séquence d'anthologie emblématique du film et plus globalement du genre de l'heroic fantasy[3]. Ce final scelle le destin de la petite fille et du Loc-Nar . Ce dernier s'autodétruit alors qu'il est révélé que l'enfant hérite des pouvoirs et de la mission de Taarna.

Fiche technique

  • Interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France.

Soft Landing

Grimaldi

Harry Canyon

Den

Captain Sternn

B-17

So Beautiful and So Dangerous

Taarna

Distribution

Grimaldi

Harry Canyon

Den

Captain Sternn

B-17

So Beautiful and So Dangerous

Taarna

Distinctions

Production

Heavy Metal est doté d'un budget de 9,3 millions de dollars[4]. Son tournage a la particularité d'avoir mobilisé 17 équipes dispersées à Montréal, Ottawa, Londres ou encore New York. La bande originale du film élaborée par Elmer Bernstein est interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra de Londres[5].

La création de ce long métrage a fait l'objet d'une utilisation de multiples techniques novatrices qui précédent l’essor des possibilités que va ensuite offrir dans l'animation, le développement de l’informatique.

Des objets grandeur nature, une Corvette, un modèle réduit d'avion B-17, ou des paysages désertiques, ont été filmés et intégrés aux dessins. Une caméra multiplane de cinq mètres a aussi été utilisée pour donner de la profondeur de champ à des scènes aériennes. Les dessinateurs ont exploité le procédé appelé rotoscopie afin de réaliser la scène où Taarna chevauchant sa monture volante, survole une plaine désertique. La séquence dans laquelle Taarna prend sa tenue et son épée à côté d'une immense statue, a fait l'objet au préalable de prises de vue avec un véritable modèle, en la personne de Carole Desbiens, afin que les dessins finaux donnent un rendu qui soit le plus réaliste possible[6] .

Accueil et postérité

Le film fait plus de 7 millions d’entrées et rapporte 20 millions de dollars en Amérique du Nord. Ce qui représente un bon résultat puisque cela le positionne à la 35ème place pour l’année 1981, au même niveau qu’une production comme Outland[7].

Sur le plan de l'accueil de la critique, Métal Hurlant bénéficie à sa sortie d’un effet de surprise même s’il faut tout de même relativiser son retentissement A cette époque, le monde de l’animation aux Etats Unis s’adresse essentiellement à la jeunesse. Disney a donc le quasi-monopole de la production de longs métrages dans ce domaine. Avant Métal Hurlant, il n’y a guère que Ralph Bakshi qui réalise de l’animation pour les adultes au Cinéma. On se souvient notamment de Fritz the Cat qui sera précurseur en la matière. Dans ce contexte, le film est reçu avec un certain intérêt dans la mesure où son architecture narrative, son humour décalé, son côté provocateur, l’originalité de ses dessins et l’indiscutable qualité de sa bande musicale très rock sont autant d'éléments qui renouvellent un genre peu prolifique jusque là. En cette  période post-révolution sexuelle, l’érotisme très prononcé du film n’échappe pas non plus aux critiques et aux publics mais certains le jugent comme véhiculant une vision misogyne si ce n’est gratuitement vulgaire. Même si l’esprit du film et des œuvres dessinées dont il peut s’inspirer, assument une forme d’expression dont l'imperfection graphique est voulue, la qualité inégale des animations et des dessins est également soulignée par plusieurs critiques. L'agrégateur de critiques Rotten Tomatoes rapporte que 66 % des critiques ont donné au film une critique positive sur la base de 35 critiques, avec une note moyenne de 5,8/10[8] . Pour exemple, Gene Siskel du Chicago Tribune donne trois étoiles au film, écrivant qu'il « n'est pas destiné à être reçu au premier degré. Le film est clairement destiné à être un voyage, et à ce niveau, il fonctionne très bien ». Il critique cependant le film comme étant « ouvertement sexiste » et pour avoir « excessivement magnifié » la violence[9].

L'une des forces du long métrage réside aussi dans ce qu'il participe d'une diffusion plus large d'un mouvement de bande dessinée underground dédiée aux adultes qui est en train d'émerger en France comme aux Etats- Unis notamment à travers les deux périodiques éponymes. On peut par exemple souligner les emprunts évidents de Taarna au Arzach de Moebius.

Au fil des années, Métal Hurlant va progressivement être considéré comme un film culte de la pop culture du fait de son influence plus ou moins directe sur certaines productions marquantes qui vont suivre. Il est par exemple fort probable que le film Le cinquième élément ait pu être inspiré par la séquence Harry Canyon même si Luc Besson ne confirme pas ce point. Au-delà de son impact direct sur des œuvres qui lui sont postérieures, il est rétrospectivement incontestable que le film a inauguré une nouvelle ère de l'animé pour adultes puisque vont rapidement lui succéder d'autres longs métrages comme Les maitres du temps auquel va collaborer Moebius, ou encore Tygra, la glace et le feu de Ralph Bakshi qui sont totalement dans la même veine. On peut aussi citer l'animé japonais de science fiction Memories qui est plus tardif mais répond au même type de ressorts narratifs et dégage une atmosphère qui n'est pas étrangère à celle de Métal Hurlant. Hors de l’univers du long métrage animé, un film comme Blade Runner qui sort quelques mois après, s'inscrit également dans une mouvance cyberpunk assez similaire, tant dans les thèmes qu’il aborde que dans le traitement qu’il en fait[10].

Pour son 40ème anniversaire, une remasterisation intégrale du long-métrage, a été entreprise depuis un nouveau scan des négatifs originaux. Cette restauration 4K qui a fait l'objet d'une sortie DVD a été approuvée par Ivan Reitman, peu de temps avant son décès en février 2022[11].

Autour du film

  • À l'époque de la sortie du film, la bande originale de Métal hurlant comporte notamment des morceaux de Blue Öyster Cult, Sammy Hagar, Cheap Trick, Nazareth, Grand Funk Railroad, Black Sabbath ou encore Trust (titre "Préfabriqués"). Ainsi que Donald Fagen, Devo, Stevie Nicks et Journey.
  • Le studio Nelvana a décliné la proposition de participer à la coproduction pour se concentrer sur la réalisation de son premier long-métrage d'animation Rock and Rule sorti en 1983.
  • Il existe un deuxième film de même inspiration, Heavy Metal 2000 (ou Heavy Metal FAKK 2) mais dont le seul lien avec le premier est la reprise de l'histoire de Taarna (épisode final).
  • Métal hurlant est parodié dans l'épisode Planète Gros Nibards de la série South Park.
  • Dans le film Le Cinquième Élément (1997) de Luc Besson, le taxi que conduit Bruce Willis serait inspiré de l'épisode Harry Canyon ; de plus l'intrigue est similaire : un chauffeur de taxi recueille une jeune femme et la soustrait à la fois à ses poursuivants directs et aux forces de police. La toute première scène du film (le Loc-Nar se dirigeant vers la terre, en tant que météorite verte) fait aussi écho à l'intrigue du film. On peut aussi observer le sigle des Tarakiens et d'Arzach dans la fresque du temple, sûrement ajouté par Moebius ayant participé au film.

Notes et références

  1. « Métal Hurlant » Accès libre, sur allociné.fr
  2. David Mikanowski, « Métal hurlant » : cure de jouvence pour dessin animé culte » Accès libre, sur lepoint.fr,
  3. « La légende de Taarna » Accès libre, sur bilbo.chez.com (consulté le )
  4. « Métal Hurlant » Accès libre, sur imdb.com (consulté le )
  5. Philippe Renaud, « Le film culte Heavy Metal n'est pas mort » Accès libre, sur ledevoir.com,
  6. Yannick Vély, « Métal Hurlant » Accès libre, sur filmdeculte
  7. (en) « Top Grossing Movies of 1981 » Accès libre, sur thenumbers.com (consulté le )
  8. (en) « Heavy Metal » Accès libre, sur rottentomatoes.com (consulté le )
  9. (en) Gene Siskel, « « Heavy Metal, un dessin animé intéressant mais dérangeant » », Chicago Tribune,‎ , Section 2 p 8
  10. Yannick Vély, « Métal Hurlant », sur filmdeculte.com (consulté le )
  11. Stéphane Argentin, « Métal Hurlant : 4K rutilant » Accès libre, sur digitalcine.fr, (consulté le )

Articles connexes

Liens externes