Olympe de Gouges

Olympe de GougesBiographie
Naissance 7 mai 1748
Montauban
Décès 3 novembre 1793 (à 45 ans)
Paris (Première République française)
Nom de naissance Marie Gouze
Pseudonyme Olympe de Gouges
Nationalité française
Activités Autrice dramatique, écrivaine, philosophe, journaliste, femme politique
Conjoint Louis Aubry (d) (à partir de 1765)
Enfant Pierre Aubry de Gouges (d)
Autres informations
Parti politique Girondins
Membre de Cercle social (1791)
Condamnée pour Trahison
Archives conservées par Institut Atria pour l'histoire des femmes (en)
Œuvres principales
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Zamore et Mirza ou l'Esclavage des Noirs
signature d'Olympe de GougesSignature

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges , née le 7 mai 1748 à Montauban et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris, est une femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme l'une des pionnières françaises du féminisme.

Rédactrice en 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits et pamphlets en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l'abolition de l'esclavage des Noirs.

Elle est souvent prise pour emblème par les mouvements pour la libération des femmes.

Biographie

Premières années à Montauban

Née le 7 mai 1748 à Montauban et baptisée le lendemain en l'église Saint-Jacques de Montauban, Marie Gouze,, a été déclarée fille de Pierre Gouze, maître boucher et bourgeois de Montauban– étant absent, il n'a pas signé le registre de baptême –, et d'Anne Olympe Mouisset, fille d'un avocat issu d'une famille de marchands drapiers, mariés en 1737.

Sa famille maternelle, la famille Mouisset, est très liée aux Lefranc de Pompignan, une famille de la noblesse de robe de Montauban. Le grand-père maternel d'Olympe, Jacques Mouisset, a été le précepteur de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan ; sa grand-mère maternelle Anne Marty a été la nourrice de Jean-Georges Lefranc de Pompignan, son frère et futur évêque du Puy-en-Velay. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est le parrain d'Anne Olympe Mouisset, baptisée le 11 février 1714.

Anne Olympe Mouisset et Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, de cinq ans son aîné, grandissent ensemble et nouent des liens affectifs qui contraignent leurs parents à mettre de la distance entre eux, une alliance entre une famille bourgeoise et une famille de la noblesse étant inconcevable ; lui est envoyé à Paris, et elle est mariée à Pierre Gouze. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan revient en 1747 à Montauban comme président de la Cour des Aides ; il est peut-être alors l'amant d'Anne Olympe Gouze, qui donne naissance à Marie l'année suivante. Selon le député Jean-Baptiste Poncet-Delpech et d'autres, « tout Montauban » sait que Lefranc de Pompignan est le père adultérin de la future Marie-Olympe de Gouges.

En 1765, à l'âge de dix-sept ans, Marie Gouze est mariée par ses parents à Louis-Yves Aubry, à qui la légende a donné trente ans de plus qu'elle, mais qui était jeune selon ses biographes les plus sérieux. Son mari, fils d'un bourgeois de Paris, est cuisinier et officier de bouche de l'intendant de Montauban. Le mariage religieux est célébré le 24 octobre 1765, en l'église Saint-Jean-Baptiste de Villenouvelle de Montauban,.

En août 1766, la jeune femme donne naissance à son fils Pierre Aubry.

Son mari, qu'elle déclara plus tard ne pas avoir aimé, ayant au contraire éprouvé de la répugnance pour un homme « qui n'était ni riche ni bien né », mourut à une date incertaine : en 1766 dans une crue du Tarn selon Olympe de Gouges, mais peut-être plus tard vers 1770-1771, alors qu'elle s'est enfuie du domicile conjugal pour venir à Paris. Elle écrira : « Forcée de fuir un époux qui m'était odieux, je m'enfuis à Paris avec mon fils ».

Au début des années 1770, avec son fils, elle rejoint sa sœur aînée à Paris et prend le nom d'Olympe de Gouges ; « elle a désormais une nouvelle personnalité »,.

Premières années à Paris : une vie de courtisane

La recherche historique n'a pas déterminé avec quelles ressources elle arriva dans la capitale et la plus grande obscurité règne sur ses premières années à Paris. Selon la correspondance de Grimm, « son joli visage était son unique patrimoine ».

Son contemporain Jean-Baptiste Poncet-Delpech, aussi originaire de Montauban et qui la connut à Paris, la dit « devenue fille entretenue par des négociants, des grands seigneurs, des ministres, des princes, etc. ».

Elle mène alors une vie libre et entretient plusieurs liaisons (elle qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l'amour »), particulièrement avec Jacques Biétrix de Rozières, un entrepreneur de transports militaires, avec qui elle entretiendra une longue liaison et qui en dix ans lui donnera 70 000 francs devant notaire.

Il n'est pas douteux qu'elle eut des amants et des protecteurs, mais « il est certain que ce ne fut point une courtisane âpre au gain ». Menant une vie luxueuse et galante de manière assez ostentatoire, elle acquiert une réputation de courtisane entretenue par les hommes, dans un contexte où la femme libre est assimilée à une prostituée.

Benoîte Groult écrit à son sujet : « Si le Petit Dictionnaire des Grands Hommes a évoqué sa notoriété de « femme galante », si Restif de La Bretonne l'a placée injustement dans sa « liste des prostituées de Paris », si son biographe Monselet lui a prêté des caprices de « Bacchante affolée », elle ne défraya jamais la chronique scandaleuse de son temps et sa célébrité réelle date plutôt de l'époque où elle fréquenta les littérateurs et les philosophes, espérant combler un peu les lacunes de son éducation. On l'acceptait volontiers courtisane, on trouvait incongrues « ses prétentions intellectuelles »».

Grâce au soutien financier de Jacques Biétrix de Rozières, elle peut mener un train de vie aisé, figurant dès 1774 dans l'Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition. Elle demeure rue des Fossoyeurs, aujourd'hui rue Servandoni, au no 18-22.

Fréquentation des salons littéraires parisiens et rencontre avec le théâtre

Anonyme, portrait d'Olympe de Gouges.Mine de plomb et aquarelle, XVIIIe siècle. Musée du Louvre.Anonyme, Olympe de Gouges. Mine de plomb et aquarelle, XVIIIe siècle. Musée du Louvre.

Elle se met à fréquenter les salons littéraires afin de diminuer les lacunes de son éducation limitée (elle écrit : « Je n'ai pas l'avantage d'être instruite »), où elle rencontre lettrés, artistes et hommes politiques.

Elle fréquente assidûment les salles de spectacle parisiennes, participe en tant qu’actrice à des représentations de théâtre de société et se lance dans la rédaction d’œuvres dramatiques, où elle met en scène ses idées et ses combats, mais aussi parfois son personnage. Sa vocation pour le théâtre fut peut-être pour Olympe de Gouges une façon d'affirmer sa filiation supposée avec le dramaturge Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, mais sans doute aussi le résultat d’une « théâtromanie » d’époque.

Support privilégié des idées nouvelles, le théâtre demeure à cette époque sous le contrôle étroit du pouvoir. Olympe de Gouges monte sa propre troupe, avec décors et costumes. C'est un théâtre itinérant qui se produit à Paris et sa région. Le marquis de la Maisonfort raconte dans ses Mémoires comment, en 1787, il rachète le « petit théâtre » d'Olympe de Gouges, conservant d'ailleurs une partie de la troupe dont fait partie le jeune Pierre Aubry, son fils.

Vers 1782, à l'âge de 34 ans, elle écrit sa première pièce, Zamore et Mirza, un drame en prose en trois actes qui traite de l'esclavage des Noirs. Mais ce n'est qu'en décembre 1789 que la pièce est créée à la Comédie-Française, sous le titre L'esclavage des Nègres. La première représentation se déroule dans un chahut hostile sans doute organisé par les anti-abolitionnistes et les critiques se montrent sévères, pour des raisons tant morales que littéraires. On lui reproche l'abus du romanesque, la composition désordonnée du drame et la platitude du style. La pièce est retirée après seulement trois représentations (sous la pression des colons, d'après Olympe de Gouges). Elle est publiée en mars 1792.

En avril 1790, dans ses Adieux aux Français, elle annonce qu'elle vient d'écrire une seconde pièce abolitionniste, intitulée Le Marché des Noirs. Mais elle la propose sans succès en décembre de la même année. Le 22 juillet 1793, surlendemain de son arrestation, puis le jour même de sa condamnation à mort le 2 novembre, elle invoque sa pièce L'Esclavage des Nègres, pour preuve de son patriotisme et de son combat de toujours contre la tyrannie.

Essais sur la question coloniale

En plus de ses deux pièces de théâtre antiesclavagistes, Olympe de Gouges publie en février 1788 des Réflexions sur les hommes nègres :

« L'espèce d'hommes nègres, écrivait-elle avant la Révolution, m'a toujours intéressée à son déplorable sort. Ceux que je pus interroger ne satisfirent jamais ma curiosité et mon raisonnement. Ils traitaient ces gens-là de brutes, d'êtres que le Ciel avait maudits ; mais en avançant en âge, je vis clairement que c'était la force et le préjugé qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n'y avait aucune part et que l'injuste et puissant intérêt des Blancs avait tout fait. »

Ce texte la met en contact avec la société des amis des Noirs dont elle ne peut cependant être membre en raison de ses cotisations élevées et de son règlement intérieur exclusif. En janvier 1790, soit près de deux ans après la naissance de cette société, elle nie — en réponse aux imputations d'un colon — lui devoir ses idées :

« Ce n'est pas la cause des philosophes, des Amis des Noirs que j'entreprends de défendre mais la mienne propre, et vous voudrez bien me permettre de me servir des seules armes qui sont en mon pouvoir… Je puis donc vous attester, Monsieur, que les Amis des Noirs n'existaient pas quand j'ai conçu ce sujet, et vous deviez plutôt présumer, si la prévention ne vous eût pas aveuglé, que c'est peut-être d'après mon drame que cette société s'est formée, ou que j'ai eu l'heureux mérite de me rencontrer noblement avec elle. »

Dans la brochure, elle nie connaître « M. de La Fayette », « ce héros magnanime », autrement que de « réputation ». En février 1788, Lafayette est pourtant un des membres fondateurs de cette société, et elle n'aurait évidemment pas manqué de le croiser. Si au début de l'année 1790, elle n'est pas membre de la société des amis des Noirs, il se peut qu'elle y soit entrée au deuxième semestre 1790 : Brissot affirme en 1793, dans ses mémoires, sans en dater le fait, qu'elle y est admise. Dans les archives de la Société, pour la tranche chronologique 19 février 1788-11 juin 1790, son nom est seulement mentionné deux fois, en janvier et avril 1790 ; et ce comme une abolitionniste extérieure à la Société. Cette adhésion relativement tardive coïnciderait avec l'écriture de sa seconde pièce de théâtre antiesclavagiste, le Marché des Noirs. Comme antiesclavagiste, elle est citée en 1808 par un ancien adhérent actif, l'abbé Grégoire, dans la « Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs » en préambule de De La littérature des Nègres. Les 69 personnes qui y figuraient n'avaient pas toutes appartenu à cette Association. De décembre 1789 à mars 1790 elle écrit deux lettres et un mémoire à propos du montage de sa pièce, Zamor et Mirza : "lettre de Mme de Gouges, auteur de l'esclavage des nègres au public" (Chronique de Paris, 19 décembre 1789) ; « lettre aux littérateurs français » (Le Courrier de Paris, le Fouet national 2 mars 1790), Mémoire pour Mme de Gouges contre les Comédiens-Français (mars 1790). Le 24 avril 1790, en proie provisoirement au découragement sur la révolution en général et la question de l'esclavage en particulier, elle annonce une mise en congé et écrit :

« Par ailleurs qu'ai-je dit aux colons ? Je les ai exhortés à traiter leurs esclaves avec plus de douceur et de générosité. Mais ils ne veulent pas perdre la plus légère partie de leurs revenus. Voilà le sujet de leurs craintes, de leur rage, de leur barbarie. »

On ne contestera pas la modération de ce texte. Mais il faut le remettre dans le contexte de son quasi-isolement et de l'échec du montage de Zamor et Mirza dont elle dut tenter, sans résultat, d'adoucir le ton face au maire de Paris, Bailly, très lié au club de l'hôtel de Massiac.

Pour la première fois à la mi-septembre 1791 dans le postambule de sa « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », en même temps qu'elle plaide le remplacement du mariage patriarcal et marital, par un « Contrat social de l'homme et de la femme », acceptant le principe du divorce, elle donne un avis sur l'infériorisation des mulâtres, propriétaires d'esclaves, par les Blancs :

« Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos îles… Les Colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnoissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces colons inhumains disent : notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout (sic), s'il le faut, pour assouvir notre cupidité, ou notre aveugle ambition. »

Elle défend chaleureusement les droits des mulâtres, enfants naturels issus d'une relation sexuelle illégitime entre une esclave et un blanc. Elle invoque implicitement par solidarité avec eux sa propre naissance illégitime, et explicitement sa foi dans le droit naturel. À ce titre, elle approuve avec ses imperfections le décret amendé du 15 mai 1791, voté par tout le côté gauche antiségrégationniste – Robespierre excepté – de l'Assemblée constituante ; décret qu'elle estime « dicté par la prudence et par la justice ». Elle stigmatise également, sans les nommer, Barnave, les Lameth, leurs complices à l'Assemblée nationale qui tentent de faire abroger le décret du 15 mai comme ils y réussiront finalement le 24 septembre 1791 :

« Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y en a dans le sein même de l'Assemblée nationale : ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique. »

Le caractère pionnier de l'engagement d'Olympe de Gouges est confirmé en septembre 1791 dans un postambule à sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (même si ce dernier texte ne s'intéressait qu'à la question des mulâtres), qui va de pair avec une répugnance à admettre en 1792 le droit au recours à la violence de la part des mulâtres et des esclaves de Saint-Domingue pour défendre leurs droits ; droit pourtant admis par un nombre ascendant de patriotes.

« C'est à vous, actuellement, esclaves, hommes de couleur, à qui je vais parler ; j'ai peut-être des droits incontestables pour blâmer votre férocité : cruels, en imitant les tyrans, vous les justifiez (…) Quelle cruauté, quelle inhumanité ! La plupart de vos maîtres étaient humains et bienfaisants et dans votre aveugle rage vous ne distinguez pas les victimes innocentes de vos persécuteurs. Les hommes n'étaient pas nés pour les fers et vous prouvez qu'ils sont nécessaires. Je ne me rétracte point j'abhorre vos tyrans, vos cruautés me font horreur. »

Ce texte lui valut par lettre le persiflage de Manuel, en avril 1792, adjoint du maire Pétion :

« … Mme de Gouges a voulu aussi concourir à la rédemption des Noirs ; elle pourra trouver des esclaves qui ne veulent pas de leur liberté. »

Le nom d'Olympe de Gouges figure en 1808 dans une liste introductive à l'œuvre anti-esclavagiste de l'abbé Grégoire De la littérature des Nègres, liste qui est une dédicace à tous ceux qui avaient mené le combat pour la cause des Noirs et des sang-mêlés. La mention de son nom par l'abbé Grégoire témoigne de l'importance du combat d'Olympe de Gouges sur les questions coloniales.

Dans son roman Ingénue (1853), Alexandre Dumas traite dans le chapitre Le Club Social de la dénonciation de l'esclavage et donne un panorama du mouvement abolitionniste à la veille de la Révolution française (1788) ; il consacre un paragraphe à Olympe de Gouges, auteure de Zamor et Mirza.

Révolution française

Frontispice de la brochure Remarques patriotiques... Cette allégorie figure Louis XVI en grand costume de sacre, assis sur un char tiré par un coq et un mouton, tandis qu'une jeune femme (vraisemblablement Olympe de Gouges elle-même) tend la brochure à Marie-Antoinette. Paris, BNF, 1789. Plaque au 4 rue du Buis, où vécut Olympe de Gouges, posée pour le bicentenaire de la Révolution. Plaque au 18 rue Servandoni, où vécut Olympe de Gouges.

En 1788, le Journal général de France publie deux brochures politiques d'Olympe de Gouges, dont son projet d'impôt patriotique développé dans sa Lettre au Peuple. Dans sa seconde brochure, les Remarques patriotiques, par l’auteur de la Lettre au Peuple, elle développe un vaste programme de réformes sociales et sociétales. Ces écrits sont suivis de nouvelles brochures qu’elle adresse épisodiquement aux représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette et Necker qu'elle admire particulièrement.

Ses propositions sont proches de celles des hôtes d'Anne-Catherine Helvétius, qui tient un salon littéraire à Auteuil, et où l'on défend le principe d'une monarchie constitutionnelle. En 1790, elle s'installe elle-même à Auteuil, dans la rue du Buis, et y demeure jusqu'en 1793. Elle y est cette année-là arrêtée.

Fin août et début septembre 1791, dans Avis pressant au roi puis Repentir de Mme De Gouges, elle exprime ses réticences à l'égard d'une constitution qui accorde trop peu de pouvoirs au roi. Son approche est « monarchienne ». À ses yeux, l'égalité doit être stricte entre le pouvoir législatif et le roi des Français.

En avril 1792, commentant la limitation du droit de vote et d'éligibilité aux citoyens riches et propriétaires, elle conteste la constitution de septembre 1791 du fait de son caractère censitaire et masculin qui, à ces deux titres, l'exclut du droit de vote :

« Fuyez cette horde confuse, ce mélange effroyable de feuillants, d'aristocrates, d'émissaires de Coblentz, des brigands de tout genre, de tout état, de toute espèce & qui ne fondent leur fortune que sur celle de citoyens propriétaires. »

À ses débuts dans le conflit opposant les Girondins aux Montagnards, elle s'engage pour les seconds contre les premiers : comme Robespierre et Marat, elle s'oppose à la guerre d'attaque plaidée par Brissot, Vergniaud (pourtant son ami), Guadet et Condorcet. Deux textes de mars et avril 1792 le prouvent :

« Où nous mèneront tous ces préparatifs de guerre, comment soutenir une campagne, comment ne pas redouter les effets de la plus petite attaque ? Aveugle furie, affreuse victoire. Que de chères, de précieuses victimes vont périr sous le glaive ennemi. »

Quelques jours avant la déclaration de guerre du 20 avril 1792, elle cite en ce sens Robespierre :

« … il faut convaincre, et rendre à chacun la liberté de délibérer sur le sort de son pays voilà ma motion, et je m'oppose, comme M. Robespierre, au projet de la guerre. »

En mars 1792, elle critique ironiquement Brissot :

« Je ne suis pas tout - à - fait l'ennemie des principes de M. Brissot, mais je les crois impraticables Il est aisé même au plus ignorant, de faire des révolutions sur quelques cartons de papier ; hélas l'expérience de tous les peuples & celles que font les Français, m'apprennent que les plus savants & les plus sages n'établissent pas leurs doctrines sans produire des maux de toutes espèces. »

Cependant, en octobre 1792, en raison de ses relations avec le marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoint, pour quelques mois, les Girondins. Elle fréquentait les Talma, le marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier, François de Pange et Michel de Cubières, secrétaire général de la Commune après le 10 août, qui vit avec la comtesse de Beauharnais, autrice dramatique et femme d’esprit qui tient un salon rue de Tournon. Avec eux, elle devient républicaine comme beaucoup de membres de la société d’Auteuil qui, presque tous, s’opposent à la mort de Louis XVI.

Sous le choc de la découverte de l'armoire de fer, fin novembre 1792 elle écrit une pièce de théâtre républicaine, La France sauvée ou le tyran détrôné, qui se déroule la veille de la journée du 10 août 1792 :

«  — Madame Élisabeth : (…) Je ne peux être unie qu'à un roi, simple citoyen. Vous pouvez prétendre à mon cœur dans le silence mais vous ne serez jamais mon époux.

« — Barnave : Songez Madame qu'un représentant du peuple, un Barnave, vaut les Rois que vous citez. Je ne diffère d'avec eux que par cet esprit de politique, de trahison (…) Que me manquerait-il encore pour vous mériter ?

« — Madame Élisabeth : Le sang royal !

« — Barnave : Songez que j'ai racheté ce sang, par celui que j'ai fait couler, l'Amérique fume encore de ce sang que vous me reprochez. Cruelle, quand j'ai conservé peut-être seul le trône à votre frère, vous me reprochez ma naissance. Avez-vous pu oublier qu'il n'a dépendu peut-être que de moi, d'abolir la royauté en France ? (…)

« (…) Et la révision de la Constitution, n’est-elle pas mon ouvrage ? Et les agitations perpétuelles de la France et de l’Amérique ne me donnent-elles pas le droit de vous obtenir ?  »

Cet extrait reflète une nouvelle condamnation de la constitution de septembre 1791, laquelle condamnation ridiculise son fondateur Barnave. Celui-ci a trahi l'année précédente les principes quand, le 3 septembre, il refuse d'insérer le droit mutuel au divorce, impose le suffrage censitaire, le marc d'argent et fait révoquer le 24 septembre les droits des mulâtres. Le député de Grenoble a agi ainsi par amour pour la sœur de Louis XVI, Madame Elisabeth, et celle-ci, sans reconnaissance, l'éconduit du fait de ses origines roturières.

Le 16 décembre 1792, Olympe de Gouges se proposa d'assister Malesherbes dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande fut rejetée avec mépris. Le 18 janvier 1793 elle renonça à toute sa philosophie abolitionniste : en cas de victoire du sursis à l'exécution de Louis XVI qu'elle appelait de ses vœux, tous les membres de la famille royale devaient face à l'ennemi aux frontières, servir d'otages, y compris les deux enfants innocents.

« Le fils de Louis est innocent, mais il peut prétendre à la couronne, et je veux lui ôter toute prétention. Je voudrais donc que Louis, que sa femme, ses enfants et toute sa famille fussent enchaînés dans une voiture et conduits au milieu de nos armées, entre le feu de l'ennemi et notre artillerie. Si les brigands couronnés persistent dans leurs crimes, et refusent de reconnaître l’indépendance de la république française, je briguerai l’honneur d’allumer la mèche du canon qui nous délivrera de cette famille homicide et tyrannique. »

Lors de la rupture entre Robespierre et Pétion en novembre 1792 à la Convention, elle prend parti pour Pétion. À l'automne 1792, chez les Montagnards, en fait c'est surtout Maximilien de Robespierre, Marat et Bourdon de l'Oise qu'elle attaque. En mars 1793, elle prend ses distances avec les Girondins et appelle, au nom de la République, tous les courants politiques de la convention nationale à s'unir :

« Montagne, Plaine, Rolandistes, Brissotins, Buzotins, Girondistes, Robespierrots, Maratistes, disparaissez épithètes infâmes ! Disparaissez à jamais et que les noms de législateurs vous remplacent pour le bonheur du peuple, pour la tranquillité sociale et pour le triomphe de la patrie. »

Égalité des sexes et droits des enfants naturels

Elle considère que les femmes sont capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demande qu’elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédige et publie en septembre 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rende à la femme, les droits naturels que la force du préjugé lui a retirés. Ainsi, elle écrit : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » La première, elle obtient que les femmes soient admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792, puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Son combat pour les femmes se poursuit dans ses productions théâtrales, notamment dans Le Couvent ou les vœux forcés (1790). Alors qu'à l'Assemblée constituante les députés débattent de l'utilité des couvents et de la liberté des femmes, elle les écoute attentivement, n'hésitant pas à prendre des notes afin d'emprunter leurs idées et de les transmettre à ses personnages. L'un d'entre eux, l'abbé Gouttes, deviendra d'ailleurs le héros de sa pièce à travers le personnage du curé.

Parmi les premiers, elle demande l’instauration du divorce en février 1790, dans une pièce de théâtre, La Nécessité du divorce. Elle renouvelle cette demande en septembre 1791 dans les commentaires de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Enfin, cinq mois plus tard, en février 1792, dans l'essai Le Bon sens du Français, elle s'exprime à nouveau en ce sens. Elle y reproche aux anciens députés feuillants de n'avoir pas, au nom de leurs principes autoproclamés de liberté et d'égalité, introduit le droit au divorce dans la constitution de 1791. Ce principe est finalement adopté par l'assemblée législative le 20 septembre 1792. Elle demande également la suppression du mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil signé entre concubins et qui prenne en compte les enfants issus de liaisons nées d’une « inclination particulière ». En 1790, elle insère dans une motion au duc d'Orléans un plaidoyer pour le droit au divorce et un statut équitable pour les enfants naturels en fait surtout consacré au second point. C’est, à l’époque, véritablement révolutionnaire, de même son engagement en faveur de la libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors mariage. À l'instar du droit au divorce, elle répète ces requêtes dans les annexes de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui et, s’indignant de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires, elle réclame la création de maternités. Enfin, sensible à la pauvreté endémique, elle prône la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants.

Toutes ces mesures préconisées « à l’entrée du grand hiver » 1788-1789 sont considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle le développe en septembre 1793 dans son ultime écrit, Une patriote persécutée.

La fin

Olympe de Gouges à l’échafaud.

En 1793, elle s’en prend vivement à ceux qu’elle tient pour responsables des massacres des 2 et 3 septembre 1792 : « Le sang, même des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions ». Elle désigne particulièrement Marat, qu'elle traite d'« avorton de l'humanité », l’un des signataires de la circulaire du 3 septembre 1792 proposant d’étendre les massacres de prisonniers dans toute la France. Soupçonnant Robespierre, selon elle « l'opprobre et l'exécration de la Révolution », d’aspirer à la dictature, elle l’interpelle dans plusieurs écrits, ce qui lui vaut une dénonciation de Bourdon de l'Oise au club des jacobins.

Dans ses écrits du printemps 1793, partageant l’analyse de Vergniaud, elle dénonce les dangers de dictature qui se profilent avec la montée en puissance de la Convention montagnarde et la mise en place d’un Comité de salut public le 6 avril 1793 qui s’arroge le pouvoir d’envoyer les députés en prison. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la Convention le 2 juin 1793, elle adresse au président de la Convention une lettre où elle s’indigne de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (4 juin 1793), mais ce courrier est censuré en cours de lecture. Ici aussi, elle garde ses distances avec la Gironde en dédiant, au nom de l'unité de la Convention, voire de ses convictions idéologiques, son affiche à Danton, qu'elle a ménagé – au contraire des Brissotins – à l'automne 1792 :

« C’est toi Danton que je choisis pour le défenseur des principes que j’ai développés à la hâte et avec abondance de cœur dans cet écrit. Quoique nous différions dans la manière de manifester notre opinion, je ne te rends pas moins la justice qui t’est due, et je suis persuadée que tu me la rends aussi ; j’en appelle à ton profond discernement, à ton grand caractère ; juge-moi. Je ne placarderai pas mon testament ; je n’incendierai pas le peuple de Paris ni les départements ; je l’adresse directement, et avec fermeté, aux jacobins, au département, à la commune, aux sections de Paris, où se trouve la majorité saine des bons citoyens, qui, quels que soient les efforts des méchants, sauvera la chose publique. »

Elle s'accorde bien avec « le défenseur de principes » sur trois mesures qu'il a demandées, parfois avec succès, depuis le mois de mars 1793. Ainsi en est-il de sa proposition de vote demandée pour la libération des prisonniers pour dettes le 9 mars 1793 qui constituait sept ans plus tôt le thème de deux pièces de théâtre d'Olympe de Gouges, Le mariage inattendu de Chérubin et L’homme généreux. Suit au printemps 1793, la requête de Danton le 5 avril pour l'obtention d'un abaissement du prix du pain pour les pauvres à corriger par une taxe sur les riches, puis, les 27 avril et 8 mai, celle pour un impôt sur les riches. Or, quatre ans plus tôt, dans les remarques patriotiques de décembre 1788, Olympe de Gouges préconisait une panoplie d’impôts sur les signes extérieurs de richesse et un impôt volontaire à proportion du salaire. Deux mois après la chute de la Gironde, c'est sous la présidence de Danton (25 juillet - 8 août 1793) que, le 27 juillet, la Convention montagnarde (sur demande de l'abbé Grégoire) supprime le versement de primes aux négriers. La lettre du 1er août 1793, adressée par Olympe de Gouges du fond de sa prison à ce président de la Convention, avait peut-être trait à l'esclavage et à la traite. D'autant que la mesure du 27 juillet 1793 était en réalité une confirmation d'un autre décret dans lequel ce « défenseur des principes » était également impliqué. Le 11 août 1792, l'assemblée législative avait voté une première fois la suppression de ces versements de primes et le futur député de Paris venait la veille d'entrer au Conseil exécutif provisoire comme ministre de la Justice. Les 15 et 16 Pluviôse an II-3 et 4 février 1794 « le défenseur des principes », en clamant fermement la nécessité d'émanciper sans délai tous les Noirs des colonies, rend implicitement hommage au combat abolitionniste d'Olympe de Gouges et à son appel unitaire du 9 juin 1793. Enfin, le 20 septembre 1792, Danton était toujours membre du conseil exécutif provisoire lorsque l'assemblée législative légalisa cet autre principe cher à Olympe de Gouges : le droit des femmes au divorce. Par ailleurs elle admet implicitement le bien-fondé de la création, le 10 mars 1793, du tribunal révolutionnaire. Danton, son fondateur, souligne, par son exclamation « soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être », que cette nouvelle institution préviendrait de nouveaux « massacres de septembre » ; des massacres qu'elle a abhorrés. Sophie Mousset relève qu'Olympe de Gouges, toute occupée en juin 1793 à défendre la démocratie politique, ne s'aperçoit pas de la création par les Montagnards du vote le 28 juin 1793 d'« une loi de soutien aux mères célibataires, et accès plein et entier à la citoyenneté des enfants abandonnés » qu'elle a toujours appelée de ses vœux.

D'après Annette Rosa, après la chute de la Gironde, les Montagnards cherchent à oublier Olympe de Gouges. Mais, le 20 juillet 1793, elle se met en contravention avec la loi de mars 1793 relative à l'interdiction des écrits remettant en cause le principe républicain. Ainsi, sous le titre de Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien compose-t-elle une affiche qui demande une élection à trois choix : république une et indivisible, république fédéraliste, retour à la monarchie constitutionnelle. Pour avoir proposé ce troisième choix, elle est arrêtée par les Montagnards le 20 juillet 1793, jour de l'affichage du texte, et déférée le 6 août 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui l'inculpe.

Malade des suites d’une blessure infectée reçue à la prison de l'Abbaye et réclamant des soins, elle est envoyée à l'infirmerie de la Petite-Force, rue Pavée, dans le Marais, et partage la cellule d'une condamnée à mort en sursis, Mme de Kolly, qui se prétend enceinte. En octobre suivant, elle met ses bijoux en gage au mont-de-piété et obtient son transfert dans la maison de santé Mahay, sorte de prison pour riches où le régime était plus libéral et où elle a, semble-t-il, une liaison avec un des prisonniers. Désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclame sa mise en jugement dans deux affiches qu'elle réussit à faire sortir clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte – sont largement diffusées et remarquées par les inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.

Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l'exécution de ses amis Girondins, elle est interrogée sommairement. Privée d'avocat, elle se défend avec adresse et intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que « un et indivisible », elle essaye par tous les moyens d'échapper à cette peine capitale, allant même jusqu'à se déclarer enceinte alors que déjà ménopausée. Les médecins consultés se montrent dans l'incapacité de se prononcer, mais Fouquier-Tinville - conscientisé au sujet de l'horloge biologique - ne peut que confirmer qu'il n’y a pas de grossesse. Le jugement est exécutoire, et la condamnée profite des quelques instants qui lui restent pour écrire une ultime lettre à son fils, laquelle est interceptée. Selon un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost, présent à l'exécution, et d'après le Journal de Perlet ainsi que d'autres témoignages, elle monte sur l'échafaud avec courage et dignité, contrairement à ce qu'en diront au XIXe siècle l'auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont Jules Michelet. Elle s'écrie devant la guillotine : « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort. » Elle a alors 45 ans.

Son fils, l'adjudant général Pierre Aubry de Gouges, par crainte d'être inquiété, la renie publiquement dans une « profession de foi civique ». Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette évoque :

«  virago, la femme-homme, l'impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes… Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d'estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c'est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

Postérité

Portrait de Pierre Aubry de Gouges.

Olympe de Gouges a laissé un fils, Pierre Aubry de Gouges, qui au début de la Révolution vivait en concubinage avec Marie-Hyacinthe Mabille, qu’il épousa après la Terreur et dont il eut au moins deux filles et trois fils. Au début du Consulat, il fut confirmé dans le grade de chef de brigade et chargé par Bonaparte d’un commandement en Guyane française. La famille débarqua à Cayenne en juin 1802, au moment où le gouverneur Victor Hugues rétablissait l’esclavage qu’Olympe de Gouges avait vainement combattu. Pierre Aubry de Gouges expira quelques mois plus tard, le 17 pluviôse an XI (6 février 1803) à Macouria, sans doute de la malaria. Son épouse se remaria avec le citoyen Audibert, originaire de Marseille, et quelques années plus tard, elle dut fuir la Guyane conquise en 1809 par les Portugais, dans un climat de violence. Elle embarqua pour la France sur un navire, l'Éridan, qui fut capturé et détourné par un corsaire anglais. Pendant ces événements, Mme Aubry mourut à bord, et son corps fut jeté à la mer. Ses fils retournèrent plus tard en France. Une des petites-filles d’Olympe, Anne-Hyacinthe-Geneviève, épousa un capitaine anglais, William Wood, et sa sœur Charlotte épousa un riche Américain, Robert S. Garnett (1789-1840), membre du Congrès de 1820 à 1827, et propriétaire de plantations en Virginie. Les descendants connus d’Olympe de Gouges, aux États-Unis, en Tasmanie et en Australie conservent des portraits de famille et le procès-verbal d’exécution de leur ancêtre.

Aucun article de fond, aucune recherche sérieuse n'a été consacrée à Olympe de Gouges par la revue de référence de la Société des études robespierristes (AHRF) dont le premier numéro consacré aux femmes est publié en 2006. Cette absence prolongée de repères historiographiques solides a contribué au dédain dont Olympe de Gouges fut et est encore l’objet. Cependant, la méconnaissance de la psychologie du personnage a contribué à susciter des interrogations sur sa santé mentale. Il a par exemple été soutenu qu’elle ne savait pas véritablement lire ni écrire, alors qu’on dispose de quelques-unes de ses lettres écrites à la prison de l'Abbaye, certes avec des maladresses de style ou d'orthographe. Elle était abonnée à divers journaux et un portrait la représente un livre à la main.

L’hostilité à l’égard de femmes engagées comme le fut Olympe de Gouges a souvent été le fait d’autres femmes, ainsi qu’elle le déplorait déjà en son temps. Elle déclare, dans une de ses pièces de théâtre :

« Les femmes n’ont jamais eu de plus grands ennemis qu’elles-mêmes. Rarement on voit les femmes applaudir à une belle action, à l’ouvrage d’une femme. »

Dans le postambule de sa Déclaration des droits de la femme (septembre 1791), elle émet l'idée que l’infériorité contrainte de la femme l’a amenée à user de ruse et de dissimulation : « Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé ». Elle exhortait donc les femmes de son temps à réagir : « Femmes, ne serait-il pas grand temps qu’il se fît aussi parmi nous une révolution ? Les femmes seront-elles toujours isolées les unes des autres, et ne feront-elles jamais corps avec la société, que pour médire de leur sexe et faire pitié à l’autre ? ».

Hommages

Reconnaissance et célébration en Occident

Marie-Olympe de Gouges sort de l'anecdote de la petite histoire après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Étudiée particulièrement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, son indépendance d'esprit et ses écrits font d'elle une des figures phares de la fin du XVIIIe siècle. Elle est considérée comme la première féministe française.

En France, quelques érudits régionalistes, entre autres, se sont intéressés au personnage (se fondant notamment sur la publication en 1912 du tome X du Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française d'Alexandre Tuetey qui recense les actes du procès d'Olympe de Gouges, ses lettres), ce qui n'empêche pas des historiens comme Alain Decaux de continuer dans son Histoire des Françaises en 1972 à manifester une certaine hostilité à son égard. C’est après la parution (1981) de la biographie d'Olivier Blanc qui a exhumé les sources manuscrites, entre autres notariales, et lors de la préparation du bicentenaire de la Révolution de 1789, que les textes d'Olympe de Gouges ont été joués et édités. De nombreux articles universitaires et notamment ceux de Gabrielle Verdier (États-Unis) et de Gisela Thiele-Knobloch (Allemagne) ont dégagé l'intérêt de l'œuvre dramatique d'Olympe de Gouges qui aborde des thèmes nouveaux comme l'esclavage (Zamore et Mirza), le divorce (Nécessité du divorce), la prise de voile forcée (Le Couvent) et autres sujets sensibles à son époque.

Depuis octobre 1989, à l'initiative de l'historienne Catherine Marand-Fouquet, plusieurs pétitions ont été adressées à la présidence de la République demandant la panthéonisation d'Olympe de Gouges. Jacques Chirac, conseillé par Alain Decaux, n'a pas donné suite. En novembre 1993, Catherine Marand-Fouquet engage une manifestation devant le Panthéon de Paris pour commémorer le bicentenaire de l'exécution d'Olympe de Gouges.

Fin 2013, le nom d'Olympe de Gouges circule parmi les « panthéonisables ». Mais ce sont deux autres femmes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz qui sont choisies en 2014 pour être inhumées au Panthéon.

Télévision

Elle fait partie des figures féminines de la Révolution française traitées dans le cadre de l'émission Secrets d'histoire, intitulée Les femmes de la Révolution diffusée le 12 juillet 2016 sur France 2,.

Quelque trente ans auparavant, le 16 avril 1985 sur Antenne 2, Benoîte Groult avait dressé le portrait d'Olympe de Gouges dans la rubrique Au nom des femmes de l'émission Aujourd'hui la vie.

Odonymie

Le théâtre Olympe-de-Gouges à Montauban.

De nombreuses municipalités françaises ont rendu hommage à Olympe de Gouges en donnant son nom à des établissements scolaires, des voies publiques, des bâtiments publics, dont la place Olympe-de-Gouges à Paris, le « centre Olympe de Gouges » (maternité et gynécologie) du CHRU de Tours, les « rue Olympe-de-Gouges » à Alfortville, Amiens, Amilly, Asnières-sur-Seine, Belfort, Besançon, Billère, Châlette-sur-Loing, Dijon, Divatte-sur-Loire, Évreux, Gennevilliers, Ivry-sur-Seine, Le Haillan, Les Sables-d'Olonne (anc. rue François Villon de Château-d'Olonne), Libourne, Lille, Massy, Migennes, Nantes, Pithiviers, Prades-le-Lez, Rennes, Reims, Saint-Denis, Saint-Herblain, Sainte-Luce-sur-Loire, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Maximin, Sens, Vitry-sur-Seine, les collèges « Olympe de Gouges » à Cadaujac, Montauban, Sainte-Pazanne et Plan-de-Cuques, les lycées « Olympe de Gouges » à Noisy-le-Sec et Montech, les médiathèques Olympe-de-Gouges à Joigny et à Strasbourg, pôle d'excellence sur l'égalité de genre, le « théâtre Olympe-de-Gouges » à Montauban, le parc public « Olympe de Gouges » à Annemasse, etc. Chaque année à la Fête de l'Humanité, une allée porte son nom.

Divers

Son buste surmontant la déclaration des droits de la femme, salle des quatre colonnes du palais Bourbon.

En 1989, Nam June Paik a créé une œuvre intitulée Olympe de Gouges in La fée électronique. Cette œuvre, commandée par la municipalité de Paris à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, est aujourd'hui exposée au musée d'Art moderne de la ville de Paris.

Le 7 mai 2014, à l'occasion du 266e anniversaire de la naissance d'Olympe de Gouges, le moteur de recherche Google lui consacre un Doodle,.

Le 18 janvier 2016, Christiane Taubira, ministre de la Justice, a baptisé « Olympe de Gouges » le bâtiment des services centraux du ministère de la Justice, situé au 35, rue de la Gare, dans le 19e arrondissement de Paris.

Le 19 octobre 2016, un buste d'Olympe de Gouges réalisé par le sculpteur Fabrice Gloux et Jeanne Spéhar est installé dans la salle des Quatre-Colonnes du palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. C'est la première représentation d'une femme politique parmi les œuvres d'art présentées dans l'édifice,.

Le 15 mars 2019, l'université Bordeaux-Montaigne renomme un amphithéâtre à son nom.

Olympe de Gouges et les mouvements révolutionnaires russes

La reconnaissance tardive de ce personnage féminin dans l'après-guerre occidental ne vaut pas pour la Russie et l'Union soviétique. D'après un biographe britannique de Lénine, Tariq Ali, les « manifestes féministes » d'Olympe de Gouges avaient déjà été traduits en russe dès la fin du XIXe siècle. Ainsi en fut-il de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Et chez les bolcheviks eux-mêmes « le legs intelectuel » d'Olympe de Gouges « va inspirer les femmes du Jenotdel, bureau des affaires féminines en Union soviétique ». Ce fut donc notamment sur la base de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne que les Bolcheviks appliquèrent dès les premières années de la Révolution russe le principe professionnel « À travail égal, salaire égal » et la scolarisation égale pour les deux sexes.

Œuvres

Théâtre

Écrits politiques (brochures, affiches, articles, discours, lettres)

Éditions modernes

Bibliographie

Biographies, études

Romans

Théâtre

«  Le sentiment que l’action peut se dérouler aujourd’hui, dans un autre pays, fait place, peu à peu, à la conscience que cela a eu lieu autrefois, ici. J’ai choisi cette ambivalence, cette tension, et l’épure d’une pièce intimiste pour évoquer la figure et les derniers jours d’une femme, guillotinée en novembre 1793 pour ses idées et ses écrits, Olympe de Gouges. »

— (C. Anne)

Bande dessinée

Notes et références

Notes

  1. « Dans une brochure sans date, mais qui ne peut être que de 1786 à 1788, Olympe de Gouges glisse une auto-biographie sous des noms supposés. Cette brochure, qui devait être publiée d'abord sous le nom de Roman de Madame de Valmont, paraît avec un nouveau titre : « Mémoire de Madame de Valmont sur l'ingratitude et la cruauté de la famille de Flaucourt envers la sienne, dont les sieurs de Flaucourt ont reçu tant de services ». Pour l'intelligence du récit, et pour montrer le fond qu'on peut faire des assertions d'Olympe, est d'abord cité le principal passage de ce livre, qui est un roman par lettres où Olympe s'est mise constamment en scène sous le nom de Valmont, et a donné celui de Flaucourt à la famille Le Franc de Caix et de Pompignan. Voici le passage, auquel sont ajoutés entre parenthèses les véritables noms » Auto-biographie d'Olympe de Gouges “Je sors d'une famille riche et estimable, dont les événements ont changé la fortune. Ma mère était fille d'un avocat très lié avec le grand-père du marquis de Flaucourt (Le Franc), à qui le ciel avait donné plusieurs enfants. L'éducation du marquis, l'aîné de ces enfants (Le Franc de Pompignan), fut confiée à mon grand-père (Jacques Mouisset), qui s'en chargea par pure amitié. Le cadet (Georges Le Franc), que son mérite a élevé jusqu'à l'archiépiscopat, fut allaité par ma grand'mère ; il devint par là le frère de lait de celle qui m'a donné le jour (Anne Olympe Mouisset), et qui fut tenue sur les fonts baptismaux par le marquis, son frère aîné. Ma mère devint donc chère à tous les Flaucourt (Le Franc). Le marquis, son parrain, ne la vit pas avec indifférence ; l'âge et le goût formèrent entr'eux une douce sympathie dont les progrès furent dangereux. Le marquis, emporté par l'amour le plus violent, avait projeté d'enlever ma mère et de s'unir avec elle dans un climat étranger.
    Les parents du marquis et de ma mère s'étant aperçus de cette passion réciproque trouvèrent bientôt le moyen de les éloigner. Ma mère fut cependant mariée ; le marquis envoyé à Paris, où il débuta dans la carrière dramatique par une tragédie qui rendra son nom immortel (Didon). Il revint dans sa province, où il trouva celle qu'il avait aimée, et dont il était encore épris, mariée et mère de "plusieurs enfants dont le père était absent". Je vins au monde le jour même de son retour (de Gouze), et toute la ville pensa que ma naissance était l'effet des amours du marquis. Il employa tous les moyens pour obtenir de ma mère qu'elle me livrât à ses soins paternels. ce qui occasionna entr'eux une altercation dont je fus victime. Je n'avais que six ans quand le marquis partit pour ses terres, où la veuve d'un financier vint l'épouser”.  
  2. Son grand-père est dit « maître tondeur de draps ».
  3. Le manuscrit de cette pièce a été brûlé au lendemain de son exécution, sur ordre de Fouquier-Tinville au président de la section du Pont-Neuf, avec les autres papiers saisis chez elle (« pour ne pas contaminer l’esprit public »).
  4. Ce lobby des abolitionnistes est créé, sur le modèle anglais, en 1788 par Brissot, le député girondin, qui d'ailleurs parle élogieusement d'Olympe de Gouges dans ses lettres inédites.
  5. Madeleine Kolly est condamnée en mai 1793 avec son mari, le fermier général Pierre Paul, baron de Kolly (1751-3 mai 1793) pour complot contre-révolutionnaire, décapitée le 15 brumaire suivant.
  6. Fouquier-Tinville est plus tard condamné à mort pour avoir, entre autres faits, envoyé des femmes enceintes à l'échafaud (acte d'accusation de Fouquier-Tinville en l'an III).
  7. Napoléon, éclairé par Fanny de Beauharnais et Mme de Montesson sur cette triste affaire, semble lui avoir tenu rigueur de son attitude en l'envoyant en commandement en Guyane.
  8. S’adressant aux républicaines.
  9. Elle aimait plaisanter, ainsi qu’on s'en rend compte à la lecture de ses textes et de son aveu même, et souvent telle gasconnade ou provocation de sa part, ainsi les défis en duels qu’elle lance à des hommes, ne sont-ils pas à prendre avec trop de sérieux.

Références

  1. « http://hdl.handle.net/11653/arch63 » (consulté le 18 mars 2017)
  2. « Acte de baptême - paroisse Saint-Jacques de Montauban (vue 19/40) », sur Archives départementales du Tarn-et-Garonne, 8 mai 1748.
  3. (en) « Olympe de Gouges | Biography, Importance, Death, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019).
  4. Olympe de Gouges, « Mémoire de Madame de Valmont sur l'ingratitude et la cruauté de la famille de Flaucourt envers la sienne, dont les sieurs de Flaucourt ont reçu tant de services (p. 25-27) », sur Gallica, 1788
  5. Forestié 1900, p. 73-75
  6. Académie de Montauban, « Recueil de l'Académie de Montauban : sciences, belles-lettres, arts, encouragement au bien », sur Gallica, 1984.
  7. Marc de Jode, Monique Cara et Jean-Marc Cara, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse, 2011, 640 p. (ISBN 978-2-03-586136-8, lire en ligne).
  8. Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Éditions du Félin, 2003, p. 25.
  9. Nadège Béraud Kauffmann, « Olympe de Gouges - les origines », sur nbk-histoire.fr.
  10. « Acte de baptême - paroisse Saint-Orens de Villebourbon à Montauban (vue 3/25) », sur Archives départementales du Tarn-et-Garonne, 11 février 1714.
  11. Carmen Boustani et Edmond Jouve, Des femmes et de l'écriture : Le bassin méditerranéen, Paris, Éditions Karthala, 2006, p. 175-176.
  12. Baptist Cornabas, Tête-à-tête: 20 portraits croisés de personnages qui ont changé le monde, Fleurus, 2018 (lire en ligne)
  13. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges: 1748-1793 des droits de la femme à la guillotine, Tallandier, 2014 (ISBN 979-10-210-0429-0), p. 29
  14. Edouard Forestié, Olympe de Gouges, Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 102
  15. Edouard Forestié, Olympe de Gouges, Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 22
  16. « Acte de mariage - Saint-Jean-Baptiste de Villenouvelle (vue 32/41) », sur Archives départementales du Tarn-et-Garonne, 24 octobre 1765.
  17. Edouard Forestié, Olympe de Gouges, Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 95
  18. Léopold Lacour, Les origines du féminisme contemporain: trois femmes de la Révolution, Plon-Nourrit, 1900 (lire en ligne), p. 13
  19. Léopold Lacour, Les origines du féminisme contemporain: trois femmes de la Révolution, Plon-Nourrit, 1900 (lire en ligne), p. 14-15
  20. Edouard Forestié, Olympe de Gouges, Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 24.
  21. Edouard Forestié, Olympe de Gouges (1748-1793), Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 27
  22. Paul Noack, Olympe de Gouges, 1748-1793 : Courtisane et militante des droits de la femme, Éditions de Fallois, 1993 (ISBN 9782877061711), p. 31.
  23. Edouard Forestié, Olympe de Gouges (1748-1793), Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 29
  24. Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges, Grasset, 2013 (lire en ligne)
  25. Olivier Blanc, « Celle qui voulut politiquer », Le Monde diplomatique,‎ novembre 2008 (lire en ligne).
  26. Carmen Boustani Carmen, Edmond Jouve, Des femmes et de l'écriture, KARTHALA Editions, 2006 (lire en ligne), p. 176
  27. « Olympe de Gouges », Annales historiques de la Révolution française, nos 247-250,‎ 1982 (lire en ligne)
  28. Edouard Forestié, Olympe de Gouges (1748-1793), Imp. et Lith. Éd. Forestié, 1901 (lire en ligne), p. 30
  29. Simon Guibert, Olympe de Gouges, la révolte d'une femme, E-dite, 2006 (ISBN 2846081905), p. 59.
  30. Dix siècles de vie littéraire en Tarn & Garonne, Bibliothèque centrale de prêt, 1988 (lire en ligne), p. 121
  31. Emmanuel Melmoux, David Mitzinmacker, 00 personnages qui ont fait l'histoire de France, Éditions Bréal, 2004, p. 146
  32. Laureen Bouyssou, Portraits de militants, Fleurus, 2021 (lire en ligne)
  33. Sophie Lucet, « Olympe de Gouges et la scène, ou le « devenir théâtre » d’Olympe de Gouges (imaginaires théâtraux xix-xxi) », La Révolution française, cahiers de l'Instut d'histoire de la Révolution Française,‎ 2021 (lire en ligne)
  34. Simone Bernard-Griffiths, Jean Sgard, Mélodrames et romans noirs: 1750-1890, Presses Univ. du Mirail, 2000 (lire en ligne), p. 68-69
  35. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, op. cit., p. 204 et 218.
  36. Olympe de Gouges, L'Esclavage des Nègres : version inédite du 28 décembre 1789 suivi de Réflexions sur les hommes nègres, février 1788, étude et présentation de Sylvie Chalaye et Jacqueline Razgonnikoff, Paris, L'Harmattan, coll. Autrement Même, 2006.
  37. Olympe de Gouges, L'esclavage des noirs ou L'heureux naufrage, Côté-femmes éditions, 1989, p. 15.
  38. Réponse au Champion américain, ou Colon très aisé à connaître, Paris, 18 janvier 1790.
  39. Jean-Daniel Piquet, L'émancipation des Noirs dans la Révolution française 1789-1795) Paris, Karthala, 2002, p. 136.
  40. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, op. cit., p. 91.
  41. Marcel Dorigny, Bernard Gainot, La Société des Amis des Noirs 1788-1999 contribution à l'histoire de l'abolition de l'esclavage, Paris, UNESCO, 1998, p. 265 & 283.
  42. Départ de M. Necker et de Mme de Gouges, adieux aux Français dans Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges. La déclaration des droits de la femme et autres textes politiques, Paris, Bernard Grasset, 2013, p. 150 ; Olympe de Gouges Ecrits politiques tome I, présentés par Olivier Blanc, p. 149 ; les éditions en 1986 et 2013 par Benoîte Groult ont coupé de plusieurs pages l'opuscule publié en 1993 par Olivier Blanc.
  43. Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs… p. 137 ; Benoîte Groult, Ainsi soit…, p. 174-175 ; "forme du contrat social de l'homme et de la femme" (p. 171-176).
  44. Benoîte Groult, Ainsi soit…, p. 175. Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs,… , p. 137.
  45. Benoîte Groult, Ainsi soit…, p. 174.
  46. Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs dans la pensée et le processus révolutionnaire français (1789-1795), doctorat nouveau régime soutenu en octobre 1998 à Paris VIII-Saint-Denis ; L'Émancipation des Noirs dans la Révolution… p. 139.
  47. Eleni Varikas, op. cit..
  48. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, op. cit..
  49. Olympe de Gouges « Lettre au peuple, ou Projet d'une caisse patriotique ; par une citoyenne », 1788, i + 31 p.
  50. Olympe de Gouges « Remarques Patriotiques, par la Citoyenne, Auteur de la Lettre au Peuple » 48 p. (aussi ici).
  51. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, septième édition, 1963, t. 1 (« A-K »), « Rue du Buis », p. 253-254.
  52. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, op. cit., p. 149-150.
  53. Olympe de Gouges, Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine pour la fin d'avril ou le courant du mois de mai ; par la liberté l'an IV de son nom, dédiée à la terre.
  54. L'esprit français ou problème à résoudre sur le labyrinthe des divers complots, adressé à l’assemblée législative le 22 mars 1792, BNF, Gallica, p. 6.
  55. Olympe de Gouges, Le bon sens français ou l'apologie des vrais nobles, dédié aux jacobins, 15 avril 1792.
  56. Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure de France 1986, p. 162-163.
  57. Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capet, Paris, 18 janvier 1793.
  58. Olympe de Gouges, Avis pressant à la Convention, par une vraie républicaine, Paris, 20 mars 1793. Olivier Blanc, Marie - Olympe De Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, p. 194.
  59. « 1791 : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », sur ldh-france.org (consulté le 21 juin 2022)
  60. « Les femmes de la liberté », sur liberation.fr (consulté le 23 août 2019).
  61. Audrey Viguier, « L’abbé Gouttes et le curé du Couvent ou les vœux forcés d’Olympe de Gouges (1790) », The French Review, no 85.6,‎ 2012, p. 92-101.
  62. Benoîte Groult, Ainsi soit..., p. 177-178.
  63. Projet d'un second théâtre et d'une maternité, 1789 dans Benoîte Groult, Ainsi soit..., p. 118-126.
  64. Emma Demeester, « Olympe de Gouges, une victime de la Révolution », La Nouvelle Revue d'histoire, no 72, mai-juin 2014, p. 15-17.
  65. Catel et Bocquet, Olympe de Gouges, Casterman, Écritures p. 383.
  66. Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Paris, Éditions du Félin-Kiron, Pocket, p. 114.
  67. Annette Rosa, Citoyennes. Les femmes et la Révolution française, Paris, Messidor, 1989, p. 103.
  68. Olivier Blanc, La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la Révolution, Paris, R. Laffont, 1985.
  69. Nicole Pellegrin, « Les disparues de l'histoire », Le Monde diplomatique, 1er novembre 2008 (consulté le 1er novembre 2008).
  70. Sous la direction de Christine Fauré et Raymonde Monnier, AHRF, no 344, avril-juin 2006. Elle y est quand même évoquée dans la contribution d'Olivier Blanc, « Cercles politiques et “salons” du début de la Révolution (1789-1793) », p. 63-92. Toutefois Florence Gauthier et Jean-Daniel Piquet qui ont reconnu le rôle d'Olympe de Gouges (voir reconnaissance et célébrations) sont membres de la Société des études robespierristes et collaborent aux AHRF. Florence Gauthier a republié les œuvres complètes de Robespierre en y ajoutant des inédits.
  71. Voir Monselet, Les Oubliés et les dédaignés. Figures littéraires de la fin du XVIIIe siècle, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1846.
  72. Documentaire de Séverine Liatard et Séverine Cassar, « Olympe de Gouges, une femme du XXIe siècle », émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, 17 septembre 2013.
  73. Mirabeau aux Champs-Élysées, préface.
  74. Lettre au Roi, lettre à la reine, Paris, 1792, p. 8.
  75. « VIDÉO. Olympe de Gouges, première féministe de France et… de Google ! », Le Point, 7 mai 2014.
  76. Olivier Blanc, op. cit., p. 250.
  77. Olivier Blanc, op. cit., p. 45.
  78. Martin Malvy, « Olympe de Gouges au Panthéon », Libération.fr,‎ 30 septembre 2013 (lire en ligne).
  79. « Deux femmes et deux hommes au Panthéon », Le Monde.fr,‎ 19 février 2014 (lire en ligne).
  80. « Secrets d'Histoire : Le portrait d'Olympe de Gouges », sur france.tv, 12 juillet 2016.
  81. « Les femmes de la Révolution à l’honneur dans « Secrets d'Histoire » sur France 2 », La Depeche du Midi,‎ 12 juillet 2016 (lire en ligne)
  82. « Portrait d'Olympe de Gouges par Benoîte Groult », sur INA, 16 avril 1985.
  83. Sandrine Chesnel, « Google Doodle : Olympe de Gouges ou l'odyssée féministe », sur L'Express, 7 mai 2014
  84. « 266e anniversaire de la naissance d'Olympe de Gouges », sur www.google.com (consulté le 7 mai 2023)
  85. « Création du buste en marbre d'Olympe de Gouges , par Fabrice Gloux, 2016 » , sur YouTube (consulté le 8 avril 2023).
  86. « Olympe de Gouges entre enfin à l’Assemblée », lesnouvellesnews.fr,‎ 19 octobre 2016 (lire en ligne, consulté le 17 novembre 2016).
  87. Le Figaro, article sur Olympe de Gouges par Elena Scappaticci.
  88. « Relevé de délibérations du conseil d'administration », sur Université Bordeaux Montaigne, 15 mars 2019 (consulté le 18 mars 2019).
  89. Tariq Ali,Les dilemmes de Lénine, Terrorisme, guerre, Empire, Amour, révolution, Paris, Sabine Wiester, 2017, p. 339-340.
  90. Ibidem, p. 469.
  91. Voir sur litteratureaudio.com.
  92. Testament politique, Olympe de Gouges, Audiocite.net (enregistrement sonore).
  93. Voir sur la-brochure.over-blog.com.
  94. Isabelle Brouard-Arends, « Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges. Une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Cahors, Éditions René Viénet, 2003, 272 p. », Clio. Femmes, Genre, Histoire,‎ 1er novembre 2005, p. 303–304 (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le 9 octobre 2016).
  95. Le portrait de couverture représente la comtesse Skavronskia, par Élisabeth Vigée Le Brun.
  96. Le portrait de couverture, miniature par Mme Doucet de Suriny exposée au Salon de l'an IV, représente Julie Candeille.
  97. Spectacle disponible sur ce site.
  98. Voir sur le site du théâtre.
  99. M. Natali, « Olympe de Gouges », sur BD Gest', 5 avril 2012.
  100. Gilles Médioni, « Olympe de Gouges, par Catel Muller et José-Louis Bocquet », sur L'Express, 16 avril 2012.

Voir aussi

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